Techniquement parlant, la communication avec les sous-marins est difficile. Elle nécessite la mise en place de dispositifs et de techniques spécifiques. Cette difficulté est causée par les ondes électromagnétiques des fréquences qui sont utilisées pour les télécommunications. Celles-ci ne sont pas habilitées à traverser un conducteur électrique épais tel que l’eau de mer salée. Focus sur les moyens de communication avec un sous-marin !

Quels sont les moyens déployés pour communiquer avec un sous-marin ?

Mettre en place une antenne radioélectrique est la solution la plus simple. Toutefois, elle ne convient pas aux sous-marins lanceurs d’engins. Afin de rester en communication sans se faire repérer, plusieurs moyens pour communiquer avec un sous-marin ont alors vu le jour :

La transmission acoustique

Le son n’est bien transmis dans l’eau qu’avec un hydrophone ou un haut-parleur sous-marin. La communication dispose d’une bonne portée. La Marine russe et la Marine américaine ont posé au fond de la mer des équipements de transmission et d’écoute qui sont reliés par câble à leurs stations terrestres. Si l’un de leurs sous-marins est proche de ces derniers, il peut échanger avec sa base. Le dispositif TARF ou « translational acoustic-RF » est en phase de test. Mais les chercheurs sont persuadés qu’il deviendra une véritable révolution dans la communication entre navire ou avions de surface avec les sous-marins. Le signal de TARF s’étale sur des fréquences variées qui correspondent aux bits diffusés.

L’Extrêmement basse fréquence (ELF)

Les ondes électromagnétiques contenues dans les ELF et les SLF (Super basses fréquences) sont capables de traverser les océans et d’atteindre les sous-marins quel que soit l’endroit où ils se trouvent. Concevoir un émetteur sur ces fréquences est un challenge de taille, car les longueurs d’onde sont longues à mettre en œuvre. Mais avec la complexité technique que représente la construction d’un émetteur ELF, seules la Marine russe et l’US-Navy ont sauté le pas.  

La très basse fréquence (VLF)

Les ondes des VLF sont comprises entre 3 et 30 kHz et peuvent s’introduire dans l’eau de mer sur une épaisseur de 20 m. Un sous-marin qui ne plonge pas en profondeur peut donc communiquer en utilisant ces fréquences. Dans le cas de plongée en profondeur, il utilisera une bouée dotée d’antenne. Celle-ci sera installée un peu en dessous de la surface. Cette bouée sera de taille minime pour éviter qu’elle ne soit détectée par un sonar ou un radar. 

Quid sur le trafic ELF

La transmission sur ELF requiert un code de Reed-Solomon sur 64 caractères. Chacun d’eux est diffusé sous forme de longue séquence pseudo-aléatoire. L’intégralité du message est alors codée. Les avantages de ce procédé sont, qu’en réunissant plusieurs et mêmes messages, lors d’une transmission multiple, le message initial est reconstitué. Les messages reçus sont clairs malgré le fait que le rapport signal sur bruit soit défavorable. En sus, les messages sont quasi-infalsifiables même par une station de brouillage. Cette option est importante en considérant que la transmission ne se fait que dans un seul sens (terre vers sous-marin).

Néanmoins, en raison de la faible bande passante causée par la fréquence d’émission très basse, les données seront transmises très lentement (quelques caractères par minute). Les types de messages seront surtout des instructions génériques ou des demandes de communication via un autre canal.

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